
Dans le coin du Grand Palais, là où il y avait encore hier seulement une enseigne de Barré, se dresse soudain un stand de l'Automotrice, installé à la hâte.
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Derrière l'Automotrice on voit le panneau des Cycles de Globe, avec, à sa droite, Automobiles Louis Ravel et Impétus. La Vie au Grand Air est remarquablement élogieux sur le stand d'Impétus. Il s'agit en fait d'un publireportage et les concurrents ont été retouchés sur la photo (source Gallica). 
Le photographe n'a pris que peu de photos des stands individuels de cette dernière rangée; il a probablement pensé que ces exposants n'étaient pas intéressés par un publireportage.
Le stand de La Minerve n'a rien à voir avec notre cher Minervois, mais appartient à un constructeur automobile de Billancourt. Il ne faut pas le confondre avec l'usine anversoise de cycles et d'automobiles Minerva. Juste derrière le stand de La Minerve, on aperçoit l'enseigne d'Automoto, réputée pour ses bicyclettes, mais qui était également constructeur de voitures entre 1901 et 1907.
L'enseigne suivante est celle de Schaudel. Le salon, pour ce fabricant bordelais, sera-t-il aussi réussi que celui de janvier 1901 où il avait vendu 300 voitures ? Nous poursuivons notre visite par les stands d'Eugène Vincent, La Métropole et Darracq avant d'arriver au dernier stand dans cette partie du Salon :
Comparez comment notre photo du stand de Panhard & Lavassor a été retouchée avant d'être imprimée dans La Vie au Grand Air. La revue parle pleine d'admiration sur la voiture à l'avant gauche : Un cab avec moteur placé sous le siège du conducteur et que l'on conduit absolument comme un cab hippomobile et qui a été vendu à un médecin de Paris très connu.
Cette photo de la famille Plancard en balade dans la Panhard & Lavassor de papa montre probablement le fils chauffard Émile François (*1887) au volant. Retrouvée dans une cave, portant encore son immatriculation d'origine 11-T, elle a été entièrement restaurée aux Etats-Unis dans les années 1990 et récemment vendue en Californie pour $307.500.
De ce dernier groupe, nous n'avons qu'une seule photo, celle du stand des Postes parisiennes qui utilisent les modèles électriques de Charles Mildé. Ils pèsent une tonne et demie en affichant une autonomie de 50 km. Cet inconvénient a été la raison pour laquelle le succès des voitures électriques était déjà sur le déclin pour connaître une renaissance aujourd'hui, après plus de cent ans. Pourtant en 1901 l'électricité avait toujours un côté magique. Monsieur Leprêtre a dû penser la même chose avec son Electrine, un carburant moitié Alcool moitié Bensol, une sorte d'E85 avant la lettre.


La société Décauville opère dans de nombreux domaines: machines agricoles, moteurs électriques, cycles, tramways, autorails et depuis 1898 (jusqu'en 1911) également automobiles. Donc les voitures ne sont pas l'activité principale, mais comme elles sont joliment mises en valeur ici derrière une magnifique décoration Art nouveau, des guirlandes lumineuses et des fleurs, le photographe y prend deux clichés.

